La “thérapie occupationnelle” synodale n’apporte pas de guérison! Mgr. Marian Eleganti.

Marco Tosatti

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, nous vous proposons cet article de Mgr Marian Eleganti, traduit par Louis Lurton, que nous remercions chaleureusement. Bonne lecture et bonne diffusion.

 

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La “thérapie occupationnelle” synodale ordonnée par le Vatican n’apporte pas de guérison !

Publié le 23 mai 2026 par Mgr Marian Elegantisur Marian Eleganti Blog

Traduit de l’allemand par Louis Lurton

Ce qui provient de Rome, à savoir l’atelier du processus synodal proclamé universellement par l’Église, est sagesse humaine. Le résultat est la bureaucratisation d’une rénovation et d’une mission envisagées.

Ce qui provient de Rome, je veux dire l’atelier du processus synodal proclamé universellement par l’Église, est sagesse humaine. Manifestement, les protagonistes n’ont rien de mieux à faire que de donner sans cesse de nouveaux mandats aux églises locales, afin que le processus synodal, mort-né dès le départ, soit géré et maintenu en mouvement. Ils croient pouvoir canaliser le Saint-Esprit et qu’il emprunterait le chemin vers les fidèles à travers les canalisations qu’ils ont posées. Le résultat est la bureaucratisation d’une rénovation et d’une mission envisagées.

Le peuple de Dieu, dans toute son ampleur et sa simplicité, reste à l’écart. Ce sont les acteurs à titre professionnel de cette Église dysfonctionnelle des organismes qui sont occupés, à prix fort, par les éléments de pilotage commandés et les documents synodaux. Il n’en sort rien d’autre que des documents à lire incessamment, des résultats d’études hétérodoxes et des organes nouvellement ingénieux (s’ajoutant aux nombreux qui existent déjà).

Or il suffirait que chaque catholique soit vraiment tel : le sel de la terre. Le Saint-Esprit agirait à travers lui. Mais à l’œuvre se trouvent des catholiques de profession qui se mettent en pause durant leurs loisirs. Beaucoup d’entre eux n’assistent même pas régulièrement à la messe du dimanche. Mais bien sûr, ils savent comment il faut renouveler l’Église. On peut alors lire cela, des choses intelligemment pensées.

Cela vaut également pour les inventeurs de ce processus synodal à Rome. Il est devenu entre-temps tout à fait clair ce que le processus veut : une restructuration des positions doctrinales antérieures et immuables concernant le divorce et les secondes noces, l’homosexualité (tout l’agenda Queer), la démocratisation synodale de la direction de l’Église, de nouveaux offices pour les femmes, des progrès œcuméniques et interreligieux aux dépens de la catholicité elle-même. Il faut bien la chercher, celle-ci. L’inclusion propagée concerne principalement la normalisation de l’homosexualité dans l’Église et n’est rien d’autre qu’une révision de son enseignement sur les mêmes sujets depuis 60 ans. Beaucoup de tintamarre autour d’un agenda facile à percer. Apparemment, nous avons suffisamment d’homosexuels dans le clergé et dans la hiérarchie ecclésiale qui nous imposent, avec la même insistance pénétrante et l’infatigabilité que dans le reste de la société, les couleurs de l’arc-en-ciel à chaque occasion, et qui croient être jamais aussi près de leur objectif.

Mais que les documents conciliaires ne valent plus, c’est surprenant. Le Concile parlait encore d’une différence essentielle du sacerdoce ordonné vis-à-vis du sacerdoce commun non ordonné ; il parlait de l’unité de l’ordination et de la juridiction/direction, d’un peuple de Dieu hiérarchiquement ordonné. Tout cela est du passé ! Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les frères de Saint-Pie X qui détruisent cette unité de l’ordination et de la direction (juridiction) voulue par le Concile (leurs évêques auxiliaires sans juridiction), mais aussi ceux qui à Rome et chez nous font des laïcs des présidents ou des présidentes de dicastères avec des évêques comme leurs assistants subordonnés ou co-chefs, chez nous des responsables de communautés et des présidents d’unités pastorales et de paroisses avec des soi-disant prêtres collaborateurs comme leurs subordonnés.

Mais ils font leur compte sans le Saint-Esprit si souvent cité. Celui-ci emprunte des voies tout à fait différentes. Regardez les nombreux jeunes candidats au baptême, un phénomène qui s’étend, mais qui n’est pas le fruit du processus synodal.

L’Église ferait mieux de se tourner vers la question liturgique si elle ne veut pas assister à la continuation de la fuite de ses ressources, vers l’aval. C’est exactement ce que je souhaite à ce processus synodal, duquel je n’attends rien. Jusqu’à présent, il n’a en effet rien apporté sinon de l’agitation professionnelle, un débordement de paroles et de directives, mais aucune vie surnaturelle dans les cœurs des fidèles. Celle-ci naîtrait d’une vraie conversion, du don de son propre sang. Les processus sont, en contraste, des enfants nés de la raison ; ils ne pénètrent pas le sang, du moins pas le mien. Probablement ne suis-je pas le seul.

On verra que cette tentative de renouveler l’Église et de la reformater selon ses propres intérêts – pensez au changement de paradigme propagé, passant de l’Église apostolique à l’Église synodale – échouera. Pire encore, elle est déjà aujourd’hui un accélérateur de forces centrifuges et de nouveaux schismes menaçants, intérieurs et extérieurs !

Peut-être devrions-nous faire de nouveau de l’autel le centre de l’église. Peut-être tous dans l’Église devraient-ils se souvenir que sans le prêtre, il n’y a pas de sainte messe, et sans la sainte messe, pas d’Église. Une Église sans prêtres disparaîtra, dont certains chez nous rêvent, ceux qui marginalisent ou écartent le prêtre et pensent que l’heure des laïcs a sonné.

Beaucoup de jeunes se sentent donc attirés par l’ancienne liturgie. Mais elle est silencieuse (notamment au moment du sommet). Dans l’Église conciliaire, on parle constamment, liturgiquement et synodalement. Il existe une sorte de contrainte à cela, car le mystère fait défaut, devant lequel on s’agenouille pour recevoir du CHRIST tout ce qui apporte la vraie vie. Nous devrions nous tourner de nouveau, nous tourner vers LUI, le regarder vers le haut. Mais les prêtres regardent vers le peuple, celui-ci se thématise lui-même selon des catégories secondaires et célèbre alors la liturgie comme sujet de celle-ci. Le prêtre n’est que le président de l’assemblée. Le CHRIST, l’attraction principale (littéralement et au sens propre !) de chaque office de culte sort de leur regard. Même le Pape l’éclipse dans les messes papales, qui deviennent surtout une rencontre avec lui, le Pape (-“Superstar”?), et non avec le CHRIST. Nous devrions y réfléchir, pas nécessairement en parler, mais changer cela, chacun de nous, individuellement !

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