Un Laïc Engagé écrit à Tucho : Parlez-nous de l’Inquisition Socioculturelle de Bergoglio sur le Sérum…

Marco Tosatti

 

Chers StilumCuriali, sur la recommandation de Benedetta De Vito, que nous remercions sincèrement, nous vous proposons cette lettre d’un laïc engagé dans la vie de l’Église, adressée au cardinal Fernandez. Merci de tout coeur a Louis Lurton pour la traduction. Bonne lecture et n’hésitez pas à la partager. 

 

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Au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi,

Cardinal Victor Manuel Fernández

par l’intermédiaire du Secrétariat d’État du Saint-Siège

 

Votre Éminence,

 

dans votre récente méditation d’ouverture (27 janvier) de la session plénière du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (dont le texte se trouve ici : https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/fernandez/documents/rc_ddf_doc_20260127_fernandez-meditazione-plenaria_it.html ), dont vous êtes le Préfet, vous avez demandé la “prière” et “l’humilité intellectuelle”, en évoquant particulièrement des géants de la sainteté et de la contemplation tels que Saint Thomas d’Aquin, Saint Jean de la Croix et Saint Bonaventure.

Saints et contemplatifs de Dieu qui, si on les suit, suscitent une “conscience de nos limites, de notre besoin de Dieu” lui-même, “afin de ne pas tomber dans une terrible illusion, celle-là même qui a conduit aux excès de l’Inquisition, aux guerres mondiales, à la Shoah, aux massacres de Gaza, autant de situations justifiées par des arguments fallacieux.”

Cette liste omet pourtant un événement capital qui a bouleversé la vie de milliards de personnes. Et l’on a le sentiment que cette omission est due à la position – pour le moins embarrassante – adoptée à maintes reprises par le pape François, qui vous a créé Cardinal.

Une position de foi aveugle en une (pseudo)science concernant le virus SARS-CoV-2 et le prétendu vaccin : il a été rapidement démontré que le premier avait un taux de létalité très faible et pouvait être traité à domicile avec des médicaments courants, et que le second n’était ni efficace ni sûr. Pourtant, François lui-même a présenté la vaccination comme un “acte d’amour”, accompagné d’une vidéo vaticane et d’une pièce d’argent commémorant le vaccin.

 

Mais comme si cela ne suffisait pas, le vaccin a servi de prétexte – pour les employés de l’État de la Cité du Vatican qui refusaient de se faire vacciner – à la privation de travail et de salaire. En bref, le vaccin a été présenté comme un principe absolu, quasiment un nouveau sauveur du monde.

Vous, vous vous souvenez sans doute de l’Inquisition historique. Mais nombreux sont ceux qui se souviennent comment, sur la base de ce prétendu vaccin, une inquisition socioculturelle a été menée, déclenchée par François lui-même, qui accusait les réfractaires de “négationnisme suicidaire”.

De même, nombreux sont ceux qui se souviennent de l’inquisition lancée par François contre – outre ceux qu’il considérait comme “rigides” et “rétrogrades” – ceux qu’il qualifiait de “stupides”, qui avaient des opinions différentes sur les soi-disant changements climatiques, même si d’excellents scientifiques adoptent des positions critiques sur ce sujet.

Vous voyez, Cardinal Fernandez, la gravité de l’inquisition de François résidait précisément en ceci : dans le fait qu’il l’a menée non seulement sur des questions théologiques et morales et sur la base de la vérité, mais aussi sur des sujets, comme ceux que nous venons d’évoquer, qui ne relèvent pas de la compétence de l’Église. Du moins, pas tant qu’il n’existe de probabilités ou de certitudes permettant à l’Église elle-même d’indiquer ou d’enseigner des positions sur les questions morales liées à ces sujets.

À l’inverse, sur des sujets propres à l’Église, parce qu’ils touchent profondément à la vérité sur Dieu et à la morale, François a, entre autres, omis de répondre aux questions que lui posaient non pas quelques fidèles ignorants, des gueux, mais, pour ne citer que quelques exemples, quatre Cardinaux – je parle ici des cinq dubia formulées en 2016 sur le document Amoris Laetitia -; et une série de fidèles experts (dont un évêque émérite, un théologien, des philosophes, un directeur de recherche d’Oxford, un représentant des Juristes catholiques et un ancien Président de l’Institut pour les Œuvres de la Religion) qui, en 2017, ont proposé une correction filiale à François.

François s’est donc révélé décisif, voire draconien, sur des questions qui, comme mentionné, ne relevaient pas de la juridiction de l’Église. Il a également refusé de répondre à des questions strictement ecclésiales, sur lesquelles il avait le devoir de “donner” – comme vous l’avez vous-même écrit dans votre méditation – “des réponses faisant autorité, de rédiger des documents qui s’intègrent au magistère ordinaire, et même de corriger et de condamner”. En bref, on disait autrefois : “Roma locuta causa finita”.

Sous son règne, on disait malheureusement : “Roma locuta causa initiata”. Il ne semble pas, en réalité, que l’Église de la miséricorde, de l’écoute, synodale, hôpital de campagne, tournée vers l’extérieur… — autant de concepts fréquemment employés par François lui-même — ait véritablement été ainsi, pour “tous tous tous”.

À tel point que, dans la continuité de cette approche, elle ne fait aujourd’hui aucunement amende honorable, par exemple, pour le scandale, au sens profondément évangélique du terme, provoqué par le document Fiducia Supplicans, auquel se sont fermement opposés non seulement certains évêques, mais aussi des Conférences Épiscopales entières.

 

Pour vous, en effet, le problème “le plus sérieux” aujourd’hui est aussi le fait que “sur n’importe quel blog, n’importe qui, même ceux qui n’ont pas fait de grandes études de théologie, exprime son opinion et sa condamnation comme s’il parlait ex cathedra”.

Cependant, comme déjà mentionné, rien ne prouve que les personnes ayant étudié la théologie et qualifiées aient été traitées différemment par François et par vous, c’est-à-dire qu’elles aient été écoutées et qu’on ait daigné leur accorder une réponse.

Avec la circonstance aggravante que ces Cardinaux, ces Évêques, ces Théologiens… ignorés non seulement avaient étudié la théologie, mais étaient investis, dans de nombreux cas, de l’autorité et de la mission, entre autres, d’assister “le Pontife Romain” tant dans “les questions de grande importance” que “dans le soin quotidien de l’Église tout entière” (Code de droit canonique, canon 349).

Il faut bien l’admettre, Cardinal Fernandez, les blogueurs que vous visez aujourd’hui n’ont souvent pas fait de longues études de théologie, mais il est tout aussi vrai que s’ils expriment souvent leurs opinions, c’est encore parce que, malgré tout, ils conservent la foi.

Cette même foi qui animait Saint Thomas, Saint Jean de la Croix et Saint Bonaventure, lesquels, loin de semer la confusion et la division, ont au contraire fortifié et rassemblé le troupeau du Seigneur, bien qu’ils n’aient pas été élevés à la dignité papale.

Peut-on dire que François a agi de la même manière en vous nommant au Dicastère pour la Doctrine de la Foi ?

On reconnaît l’arbre à ses fruits, nous enseigne l’Évangile (cf. Matthieu 7, 17-20). Ce sont des fruits de confusion, de division, d’hérésie, voire d’apostasie que nous avons dû constater, ces dernières années, tragiques. S’il est vrai, comme c’est le cas, que nous ayons dû assister jusqu’à la célébration de l’idole païenne de Pachamama en plein Saint-Pierre, jusqu’au document d’Abu Dhabi qui présente même le “pluralisme et la diversité des religions” comme le fruit de la “sage volonté divine” par laquelle “Dieu a créé les êtres humains”.

 

Un Dieu, donc, qui se contredit, entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, et qui est l’exact opposé du Seigneur de la Révélation divine, qui commande : Écoute, Israël (cf. Deutéronome 5, 1) ! Je suis l’Éternel, ton Dieu : tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face (cf. Deutéronome 5, 6-7) ! Un Dieu pour qui Christ, Mahomet, Bouddha, Zoroastre… sont tous au même niveau, puisque ma religion — comme François l’a lui-même précisé lors d’un de ses derniers voyages — n’est pas plus importante que la tienne. Le Fils de Dieu est donc avili et réduit à un simple homme, comme n’importe quel fondateur d’une autre religion.

Vous parlez de “tromperie” et d’“arguments fallacieux” (qui ont mené à l’Inquisition, aux guerres mondiales et même aux massacres de Gaza), mais ces “arguments fallacieux” consistent en réalité à citer Thomas d’Aquin et autres grands noms de la mystique et de la théologie de manière spécieuse, comme pour dissimuler – sous le voile d’une prétendue “humilité” – ce qui est, de fait, un relativisme théologique et moral persistant, d’une ampleur jamais vue dans l’histoire de l’Église.

C’est terrible, car non seulement cela vient d’en bas, mais c’est aussi le fait de ceux qui devraient être les pasteurs, les guides sûrs, et non les colporteurs ou récepteurs de “tout vent de doctrine” (Saint Paul aux Éphésiens 4, 14).

La véritable “tromperie”, c’est donc précisément ce relativisme, dont les condamnations ex cathedra que vous dénoncez aujourd’hui comme très graves ne sont en réalité que la conséquence, l’effet, la démonstration, la révélation pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre (cf. Matthieu 13, 16). Elles sont le cri – certes discret, mais agaçant si l’on veut le réduire au silence– de ceux qui, au milieu de tous ceux qui sont partis ces dernières années, restent encore agrippés à la barque de l’Église, une barque mondaine où personne n’entrera, comme l’avait averti saint Pie X.

Aujourd’hui, vous, cardinal Fernandez, devriez vous pencher sur les causes véritables, les sources profondes de la gravissime crise ecclésiale actuelle, au lieu de chercher à induire en erreur, à détourner l’attention, en présumant sans doute que tous les catholiques sont indifférents, inattentifs, superficiels… comme si, pour entrer dans une église – pour reprendre les mots du grand converti Chesterton –, il fallait ôter non pas son chapeau, mais sa tête. Vous ne vous rendez pas compte, en réalité, que beaucoup – même sans études théologiques approfondies – restent attachés précisément, et “spécialement”, à “ces vérités centrales qui constituent le cœur de l’Évangile” ; malgré la complexité de notre temps, ils contemplent Dieu, l’Église et le monde dans leur essence, dans leur simplicité, c’est-à-dire “sine plico” ; leurs sentiments et leurs paroles sont un oui, oui, un non, non, car tout le reste vient du Malin (cf. Matthieu 5, 37) ; autrement dit, ils font preuve d’une véritable “humilité” : l’intelligence de la foi.

Et vous ?

 

Salvatore Scaglia

Palerme, le 3 février 2026 (Mémoire de saint Blaise)
Baptisé et Confirmé dans l’Eglise Catholique
Laïc de Saint Dominique
Avvocato in Utroque Iure

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