Marco Tosatti
Chers StilumCuriali, un ami fidèle de notre blog. R.S., a écrit ce commentaire qui nous semble digne d’être porté à l’attention d’un public plus large de participants à notre forum. Merci de tout coeur a Louis Lurton pour la traductione. Bonne lecture et bon partage. Marco Tosatti
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Jésus a été condamné en tant que blasphémateur.
Il n’a pas blasphémé Dieu, mais l’interprétation religieusement et politiquement correcte de Dieu à son époque.
Un “signe des temps” établi sanhédrinement.
Interrogé par Caïphe, le grand prêtre, pour savoir s’Il est le Christ, Jésus répond en citant le passage de la prophétie de Daniel (7:13). On trouve de nombreuses traces de cette fameuse prophétie dans l’Apocalypse de saint Jean : l’Apocalypse ouvre à la Parousie.
Lors du procès contre Jésus, on veut le condamner légalement, mais les faux témoignages accusateurs sont contradictoires. Caïphe se rend alors compte que le complot concocté ne fonctionne pas et tente d’être plus direct :
“Je t’en conjure par le Dieu vivant de répondre, dis-nous si tu es le Christ, le Fils béni de Dieu ?” (Mt 26,63 ; Mc 14,61).
“Oui, Je le suis, et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, venant sur les nuées du ciel.”
Voilà : “Il a blasphémé ! Il n’y a pas besoin de témoins. Vous avez bien entendu ?” “Il doit être condamné à mort !”
Le sanhédrin des prêtres et des docteurs de la Loi, lui, a besoin de César.
Pilate, représentant l’empereur, cherche à éviter la condamnation en tergiversant de plusieurs manières, de la plus diplomatique (libérer un prisonnier pour la Pâque) à la plus sanglante (la flagellation).
En fin de compte, c’est la loyauté de Pilate envers César qui risque de poser problème :
“Si tu lui pardonnes, tu n’es pas l’ami de César. Quiconque se fait roi s’oppose à César”.
“Dois-je crucifier votre roi ?”.
Réponse : “Nous n’avons pas d’autre roi que César”.
La “foi” des Juifs a abdiqué : si le roi est César, cela signifie que le sceptre et le trône n’appartiennent plus à Juda.
Après la résurrection de Lazare, la politique avait déjà embrassé la théologie.
« Les Romains viendront et nous prendront “le lieu” (c’est-à-dire le temple) et la nation » (Jn 11,48).
Jésus et ses miracles sont devenus un enjeu politique et de pouvoir commun aux pharisiens, aux sadducéens et aux zélotes. Mais il ne s’agit pas seulement de politique, car le grand prêtre veut défendre la loi et le temple, donc la religion, en même temps que le pouvoir et les gens.
Il s’agit de quelque chose de grand, de nouveau : l’ancien culte du temple de pierre est terminé.
Le temps est venu pour le nouveau culte de Dieu “en esprit et en vérité”. Mais Caïphe n’est pas prêt.
« Tu ne comprends rien, tu ne comprends pas qu’il est mieux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple et que toute la nation ne soit pas ruinée » (Jn 11,50).
Les paroles que Caïphe avait prononcées étaient inspirées par sa position de grand prêtre et non par lui-même.
Dieu parle à travers les prêtres, même lorsqu’ils se trompent.
L’interprète indigne de la fonction accomplit les Écritures :
“Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les pharisiens. Pratiquez et observez tout ce qu’ils vous disent, mais n’agissez pas selon leurs œuvres !” (Mt 23, 2).
Caïphe est “prophète” tout en agissant politiquement, en raisonnant selon le monde et le pragmatisme du concret. En fait, la mort d’un individu (sur la croix) sauve le peuple.
Le moindre mal est le droit du monde pour ceux qui raisonnent depuis la terre, mais la sagesse de Dieu l’observe depuis le Ciel.
Paradoxalement, dans l’intégrité de la révélation et en accomplissant la loi, Jésus est ouvert au reste du monde. Jésus rachète toute l’humanité : il a une “fonction vicariale” qui dépasse les limites de YHWH.
Dans l’Ancien Testament, l’idée de la fonction vicariale apparaît chez Moïse, après l’idolâtrie du veau d’or au Sinaï : “Mais maintenant, si tu veux pardonner leur péché… Sinon, efface-moi de ton livre que tu as écrit” (Ex 32,32).
A ce moment-là, cela fonctionne en partie : “Je n’effacerai de mon livre que celui qui a péché contre moi” (Ex 32,33), mais Moïse reste néanmoins le substitut qui intercède pour changer le destin du peuple.
Il est aussi la figure du serviteur souffrant d’Isaïe.
Les enfants de Dieu dispersés ne sont plus seulement des juifs, mais des enfants d’Abraham dans le sens profond développé par Paul.
Les accusations portées contre Jésus lors du procès religieux sont de nature théologique. La revendication messianique est une revendication de royauté sur Israël. C’est pourquoi l’expression “roi des Juifs” dans le titulus rédigé par Pilate (acronyme hébreu YHWH !!) révèle le mystère.
“Es-tu le Christ, le Fils du Béni ?”
“Je (le) suis”. Et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la Puissance, venant sur les nuées du ciel” (14,62). Cela fait écho à Ex 3,14 : “Je suis celui qui suis”.
“Tu l’as dit, et moi je vous dis…”. (Mt 26, 64).
Jésus ne contredit pas Caïphe, il le lui fait dire à lui !
Voici, en Luc :
“Tu es donc le Fils de Dieu ?”
“Vous dites vous-mêmes que je (le) suis”.
Un grand prêtre compromis avec le monde, chef de file d’un sanhédrin qui incite le peuple à désigner pour seul Roi l’empereur païen (diminuant l’alliance avec Dieu), dit la vérité, prophétiquement, sur le Serviteur Souffrant du sacrifice de la croix.
Un pouvoir religieux inadéquat pour servir Dieu, fait crucifier par les puissances du monde le Messie attendu, selon la Parole de Dieu, tout en respectant hypocritement le sabbat.
Signes des temps, sanhédrinement et synodalement.
Il y en a qui utilisent des vêtements religieux pour torturer la foi en Dieu.
Mais le chemin et la vérité sont la vie.
Les jeux échouent et la cité de l’homme, devenue Babylone, est détruite, et le temple laissé vide.
La Jérusalem céleste descend du ciel, ressuscitée, épouse du Christ ressuscité, habitée par le corps mystique du Seigneur.
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